Un modèle de démographie et un peu de poésie
(Je ne suis pas un démographe, s'il vous plaît prendre ce que je dis avec un grain de sel.)
Il
est de nature des populations de fluctuer. Un
exemple classique pour illustrer ce principe est celui des canards et
des nénufars:
S’il y a peu de canards, et beaucoup de nénufars, les canards sont bien nourris et leur population grandit.
S’il y a beaucoup de canards et beaucoup de nénufars, ces derniers sont mangés et leur nombre diminue.
S’il y a beaucoup de canards et peu de nénufars, plusieurs canards meurent de faim, et la population de ces derniers baisse.
S’il y a peu de canards et peu de nénufars, un tantinet de ces derniers sont mangés et leur nombre accroît.
Et la boucle reprend.
L'être humain est-il aussi soumis à un modèle de fluctuation des populations semblable? Ne sommes-nous pas des êtres sages et de raison qui cherchent à avoir le contrôle sur notre destin?
En
fait, je crois en
un peu des deux.
Je
pense que nous
sommes soumis à un certain modèle de fluctuation de population.
Toutefois, cette dernière est "teintée" par notre sagesse
d'une manière que je trouve tout
à fait hallucinante
et presque poétique.
Notons
tout d'abord que chez l'être humain, mais également probablement
plusieurs espèces
animales,
il y a une complexité qui se rajoute
à
ce système. Il s'agit du fait que, même s'il peut
y
avoir
assez
de ressources pour subvenir à
toute
la population, le partage de ces dernières
peut être très inégal. Quelques individus peuvent
posséder
beaucoup
et beaucoup posséder
peu. Ultimement, cela peut amener à
une baisse de la population, car beaucoup mourront
de faim.
Par
contre, spécifique chez l'être humain est le facteur du système politique. Si
ce dernier fait en sorte que
les gens meurent de faim, alors
il sera instable et
entraînera une révolution.
Une
autre possibilité toutefois est un
système politique avec une inégalité de distribution des
ressources, mais pour laquelle la majorité
de la
population est assez confortable au
point que celle-ci n'est pas prête à perdre
la vie à
travers une révolution violente. Je pense sans
fausse modestie
que ceci décrit plusieurs
sociétés
industrialisées
actuelles,
incluant la mienne et probablement la vôtre.
Maintenant,
si l'on regarde les statistiques actuelles, on
observe
un bas indice synthétique de fécondité dans le monde
industrialisé. Au
Canada, une femme a en moyenne 1,6 enfants, soit en bas du taux de
remplacement de 2,1. Sans
l’immigration, notre population serait probablement en train de
décroître, ce qui est la cas du Japon depuis 2008.
Je
sais que ce que
je dis va
contre le discours populaire mais c’est
au contraire
assez bien établi chez les démographes, de ce que je peux observer.
Je vous conseille la conférence de
Darrell Bricker et John Ibbitson :
https://www.youtube.com/watch?v=bSAgHvETNSg
Ces derniers décèlent plusieurs causes au faible indice synthétique de fécondité dans les pays industrialisés. Celle qui me percute le plus est simplement l’idée qu’une population bien éduquée décide de faire moins d’enfants. L’éducation améliore notre jugement critique et réduit notre besoin de se conformer à des modes de pensées plus traditionnels. Ainsi, il faut se rendre à l’évidence qu’un esprit critique qui analyse le monde moderne a tendance à prendre la décision de faire peu ou pas d’enfants.
À
chercher des témoignages pour
comprendre les raisons derrière ce
choix,
ce
que
je vois le plus ressortir est :
"J'aimerais
bien avoir des enfants, mais je veux être certain de pouvoir leur
garantir une belle vie et
je ne vois pas comment c’est possible avec
ma situation actuelle."
Comme
énoncé plus haut, nous vivons dans une société avec une
concentration des richesses mais
pas au point à ce que l’on meure de faim. Et cela
amène
notre
population à
baisser, car une
large partie de cette dernière anticipe
qu'avoir des enfants peut leur causer une moindre qualité de vie.
Nos
gènes sont amenés à se sacrifier dans le but de préserver la
dignité humaine.
C'est juste trop beau! Ça me fait profondément aimer l'humanité!
Nous
sommes donc
pas mal soumis aux mêmes lois de fluctuations des populations que
le reste des êtres vivants. Nous sommes prisonniés comme un poisson qui suit le courant de l'eau dans les rapides. Mais le poisson peut décider d'allonger ou de raccourcir son parcours dépendamment de la direction où il nage, sans toutefois changer sa destinée. De même, notre raison décide de couper court les croissances démographiques et réduit alors la période d'oscillation. C'est dommage de penser qu'elle ne semble pas pouvoir faire plus que cela. Nous ne sommes que des animaux, ... sages certes, mais des animaux tout de même.
Un constat également triste est le fait que ce modèle n’explicite pas vraiment une société utopique …
Essayons de la chercher!
Sur le long terme, ce sont ceux qui font des enfants qui héritent de la Terre. Il s’agit surtout de ceux qui basent leur décision sur la conformité et la tradition.
Toutefois, une fois que l’éducation fait parti de l’équation, c’est une population heureuse qui décide de faire des enfants. C’est donc un système politique qui permet une telle population qui survivra sur le long terme.
La
meilleur stratégie pour atteindre l’utopie sur Terre serait alors
de permettre à
ce que
tous les humains, sans
exception,
puissent
avoir
accès à une
certaine éducation:
apprendre
à lire, à être critique, à savoir bien
s’informer ...
L'éducation
est alors la pierre angulaire à
défendre dans notre recherche de l'utopie.
(À relire, je dirais qu’« éducation » et « contraception » vont ensemble main dans la main.)
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